samedi 9 août 2008

Maman ...

D'accord elle est malade,
D'accord elle ignore ce qu'il adviendra d'elle dans les mois à venir,
D'accord elle angoisse,
D'accord elle sort de trois jours d'hôpital pour cause de forte fièvre sans raison apparente (a priori un des effets indésirables de la molécule qu'elle prend dans le cadre d'un protocole complétant sa chimio),
D'accord elle a (re)perdu les trois quarts de ses cheveux en 48 heures,
D'accord depuis sa première séance de chimio, il y a trois semaines, elle a des nausées, des douleurs,
D'accord son traitement actuel est bien plus lourd au niveau des effets que sa première cure de chimio l'an passé.
D'accord elle a plus que quiconque parmi mes proches des raisons d'être mal et déprimée,

Mais punaise que quelqu'un trouve une solution pour la rendre moins imbuvable ou pour nous donner les clefs du comportement à adopter face à elle, parce que quoique nous fassions, ça ne va pas ...

Ni ma soeur, ni mon père, ni personne (moi y compris) ne savons quoi faire. Nous ouvrons la bouche, elle nous jette, nous ne disons rien, elle nous reproche de ne pas faire attention à elle. Nous lui proposons notre aide pour telle ou telle chose (genre faire ses courses quand elle sort de l'hôpital), nous nous entendons répondre qu'elle n'est pas encore morte et qu'elle peut se débrouiller ... Mais quand par exemple, elle rentre des dites-courses (où elle a bien entendu refusé que l'un d'entre nous l'accompagne), elle nous balance dans les dents qu'elle est exténuée vu qu'il a fallu qu'elle fasse tout toute seule, que nous nous foutons bien d'elle etc etc.

Et c'est ça chaque jour, plusieurs fois par jour, depuis plusieurs semaines (depuis l'annonce de la rechute en fait).

Nous en avons tous marre, nous ne savons plus quoi faire ... et nous nous en voulons bien évidemment de ne pas savoir. Vers qui se tourner ? A qui demander de l'aide ? Les médecins nous disent que 'cela va passer' ... Ok mais en attendant que ça passe, nous faisons quoi ? A part serrer les dents, surmonter nos coups de sang quand elle nous jette et patienter évidemment .... Qu'est ce que nous pouvons faire ?

Pfff ...

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3 Comments:

Blogger poussi said...

Difficile de te répondre, car il n'y a malheureusement rien à faire, a part attendre, attendre qu'elle accepte, attendre que sa haine (envers la maladie) s'amenuise, attendre qu'elle réalise que vous êtes toujours là malgré tout...

Un jour viendront ses excuses, en attendant.....patience et acceptation

bisous

1:35 AM  
Anonymous Anonyme said...

C'est tout ce qu'ils ont dit, les médecins? D'attendre ??

Renseigne toi... j'ai l'impression que tu prends très à coeur les réactions de ta mère qui ont peut-être en partie des raisons psychologiques, et n'ont donc rien à voir avec toi. Cesse donc de vouloir la contenter à tout prix, et de prendre très à coeur le fait qu'elle ne daigne pas l'être. Il faut rester présente, mais sans te laisser manipuler et détruire.

Peut-être un médecin plus psychologue, ou bien un spécialiste, serait capable de dialoguer avec elle et de trouver la vraie source de ces humeurs et de son insatisfaction chronique, peut-être de l'aider à gérer son angoisse autrement...

Rien ne t'empêche d'ailleurs de réagir calmement à ces humeurs.Par exemple, dans cet exemple des courses, répondre (calmement et avec bienveillance, je sais, c'est facile à dire) quelque chose comme : "Mais voyons, Maman, c'est toi qui n'as pas voulu que je vienne ! Si tu préfères, la prochaine fois, je viendrai avec toi."

Politiquement correct, quand tu nous tiens.

3:06 PM  
Blogger Poussières d'Etoiles said...

Poussi : Je n'attends pas ses excuses, pcq je sais, par expérience, qu'elle n'en fera pas. Et je ne lui en demande même pas d'ailleurs. Je sais ceci dit qu'il faut attendre ... mais on trouve le temps long ...
Bisous.

Cinn : Les réponses calmes et bienveillantes, on essaie autant que faire ce peut, même si, en en ce qui me concerne, ce n'est vraiment pas mon fort (j'ai plutot une fâcheuse tendance à la réaction 'épidermique' qui mène tout droit au conflit). Ca n'emporte pas plus de succès que le silence buté dans lequel 'on' se réfugie par moments, histoire de ne pas lui rentrer 'dedans': invariablement, elle nous recommence le même cirque la fois suivante sous n'importe quel prétexte.

Ceci étant, je suis d'accord, je prends très voire beaucoup trop à coeur ses réactions ... Mais j'essaie malgré tout de me préserver un tant soit peu ...

Pour l'instant toutefois, j'avoue, j'attends surtout avec impatience le retour de ma fille pour partir quelques jours loin d'ici afin de pouvoir souffler un peu et faire descendre la 'pression'.

J'espère par contre qu'à mon retour, les choses auront, même si c'est qu'un tout petit peu , évolué, pcq il est absolument hors de question qu'elle rabroue ma fille comme elle l'a rabrouée ces dernières semaines ... Qu'elle passe ses nerfs sur nous, des adultes, c'est déjà moyen, qu'elle les passe sur ma fille, ça va pas être possible (et là je doute de savoir faire dans le 'politiquement correct bienveillant et calme' ...)
(pour le psy, elle doit en rencontrer un aujourd'hui lors de sa chimio à Lyon ... espérons que cela fonctionne ... l'an passé, ça ne s'était pas avéré très concluant)

4:06 PM  

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